L’interview de Frédéric BAUDIN

Ce mois-ci, c’est Frédéric BAUDIN, Président du SCCDK, qui nous dévoile son parcours. Il répond également aux questions posées par ses camarades de club…

Quand as-tu commencé la pêche, dans quelles conditions ?

C’est assez original, car personne de ma famille ne porte le virus. Quand j’avais 9-10 ans, mon cousin a organisé une partie de pêche à la truite en famille dans un étang à Merck-Saint-Liévin si je me souviens bien. C’était la première fois que je me retrouvais avec une canne à pêche à la main, la première fois aussi que j’attrapais un poisson (une truite), et j’ai encore la photo !

C’est finalement peu après, habitant proche de la mer à Malo terminus, qu’en me baladant au bord de l’eau un matin, je suis tombé sur une équipe de pêcheurs en bord de mer. Tous faisaient parti d’un collectif : le club des Pêcheurs du Nord, présidé par Bruno NAVE il me semble, qui tenait par la même occasion le magasin d’articles de pêche Nord Pêche, au rond point du terminus. J’ai alors été très bien accueilli et invité à me joindre à eux pour les futures sorties. Rapidement, j’ai pris ma licence et j’ai pu participer aux premiers concours de pêche en surfcasting et ainsi côtoyer des pêcheurs que tous connaissent aujourd’hui : Jonathan SELLESLAGH, Yann DECOSTER, Dominique CABALLERO, Gontrand LEYSSENS,  Cédric DECRAMP, Stéphane YOUF, et beaucoup d’autres… Nous étions certes parfois de clubs différents, mais partagions la même passion !

A quelle fréquence te retrouves-tu au bord de l’eau ?
Habitant en bord de mer, je pratiquais régulièrement accompagné de mes parents, grands-parents, ou en compagnie de membres des Pêcheurs du Nord jusqu’à mes 15 ans. Puis j’ai commencé à aller pêcher tout seul, proche de la maison devant le Bonobo, et enfin quelques années plus tard un peu partout dans le Dunkerquois.

Durant mes études supérieures, j’arrivais à pratiquer jusqu’à 4-5 fois par semaine ! A peine sorti de classe, c’était direction la plage. En 2007, j’ai même atteint un record avec pas moins de 150 parties de pêche !

Depuis, ma vie a évolué. J’ai du m’éloigner de la mer pour le travail, j’ai rencontré une femme formidable qui me soutient jusqu’au bout de mes actions, et je dois évidemment composer avec tout cela. De ce fait, je me retrouve en moyenne une à deux fois par semaine au bord de l’eau aujourd’hui.

Quelles sont les qualités d’un grand pêcheur selon toi ?

La pratique, la curiosité, la persévérance, et être bon joueur.

  • La pratique car il n’y pas de secret, ce n’est pas en restant à la maison à lire des revues ou des forums de pêche que l’on progresse. Je vois plutôt cela comme un complément à la pratique. Rien ne remplacera jamais les heures au bord de l’eau, c’est de cette manière que l’on apprend à connaître son environnement, le comportement des poissons, et à apprivoiser le phénomène des marées…
  • La curiosité car ce n’est pas en restant dans son coin que l’on progresse. Le fait de s’ouvrir aux autres, confronter les techniques, et échanger nous pousse à progresser. Il ne faut pas avoir peur d’aller à la rencontre des gens, ça ne coûte rien.
  • La persévérance : au début, on enchaîne souvent les bredouilles ! Il ne faut jamais rester sur un échec,  et y retourner de plus belle, accompagné pourquoi pas. Ce n’est pas parce que je n’ai pas pris de poisson qu’il n’y en avait pas ce jour là. Peut-être suis-je tout simplement passé à côté !
  • Être bon joueur ! Quand tu prends une raclée, il faut l’accepter, c’est le fair-play. Faire la gueule et se renfermer dans son coin n’apporte rien. Au contraire, il faut se poser les bonnes questions et chercher à comprendre pourquoi on est passé au travers pour ne pas refaire la même erreur la fois suivante.

Quel est ton meilleur souvenirs de pêche ?

J’en ai des centaines c’est sur, mais en voici quelques uns :

  • En pêche avec 2 collègues, je n’avais pas ma pelle à vers et il y avait de belles « crottes de vers ». J’ai alors essayé d’en attraper un à la main, en vain. L’un de mes 2 collègues m’a alors dit, si tu en attrapes un à la main je te paie une glace. Le défit était lancé, et au 3e ou 4e essai j’ai finalement réussi à attraper un vers à la matin ! Vous devinez la suite de l’histoire…
  • Me retrouver seul avec un collègue sur un banc de sable en plein milieu de la mer dans l’archipel des Bijagos en Guinée Bissau, avec ma canne à leurres, et me faire martyriser par les carangues au coucher du soleil, quel pied !
  • Enfin, les résultats sportifs individuels ou par équipe : mes titres de champion de France jeunes 2002 à Vieux-Boucau, champion de France adultes en 2012 à La Tremblade, et champion de France par club en 2017 avec le SCCDK ! Ce sont de beaux moments, et je m’efforce à chaque fois de ne pas me mettre à pleurer lors de la marseillaise 😛

As-tu d’autres passions ?

La pêche, et la pêche ! Sinon le tourisme et plus particulièrement les voyages au grand international. J’adore l’Asie du sud-est, j’ai d’ailleurs terminé mes études en Chine et j’ai eu l’occasion de visiter tous les pays de la zone.

Pourquoi as-tu choisi de créer le club SCCDK ?

En partant d’un simple constat : en 2015 le monde associatif bord de mer dans le Dunkerquois, c’était 3 associations affiliées à la Fédération Française de Pêches Sportives pour une quinzaine d’adhérents bord de mer tout au plus chacune. Nous peinions pour ainsi dire à atteindre les 25 personnes lors des diverses manifestations. Il faut dire qu’une certaine routine s’était installée depuis des années, peut-être que les gens s’en sont lassés ? Me concernant c’était le cas.

J’étais vraiment désolé et frustré de ce constat, et surtout persuadé qu’il y avait tellement à faire ! Nous avions, et avons toujours d’ailleurs, la chance d’avoir à Dunkerque des pêcheurs amateurs et compétiteurs chevronnés. Étant très attaché à ma ville, je ne me faisais pas à l’idée de voir tous ces collègues pêcheurs partir rejoindre d’autres clubs des villes voisines du littoral. Dunkerque a connu il y a 15-20 ans parmi les plus grands pêcheurs compétiteurs de France,  et j’aimerais que Dunkerque retrouve ce statut.

J’avais vraiment plein d’idées en tête pour tenter de re-dynamiser ce milieu, et je me suis dit que c’était sans doute le moment ou jamais. J’ai alors passé quelques coups de téléphone pour prendre la températures auprès de collègues dont j’espérais qu’ils suivraient, ce qui s’est confirmé par la suite !

Qu’est-ce qui est le plus difficile dans la mission de Président de club ?

Je dirais sans doute de me rendre disponible. Je fais de mon mieux, mais parfois je suis frustré de n’avoir pu passer autant de temps que j’aurai voulu avec chacun des adhérents. Les sorties pêche et les concours passent très vite et si je pouvais ralentir le temps pour passer encore plus de temps avec chacun, ce serait évidemment avec plaisir. Être compétiteur engagé au niveau national / international, et Président à la fois, c’est un double métier !

Une autre difficulté majeure, c’est d’accepter le jugement et la critique. Tu peux faire 10 bonnes actions dans l’année, les gens te jugeront sur celle que tu as raté ! Mais c’est comme cela, c’est la nature humaine et je ne me bats pas contre ça. L’essentiel étant de tout faire pour ne pas reproduire deux fois les mêmes erreurs.

Rester proche et à l’écoute des gens pour savoir ce qui peut être amélioré. Le monde de la pêche c’est un peu comme en entreprise je trouve, tu entends souvent les gens se plaindre entre eux, et ils viennent trop rarement t’en parler directement. Le nerf de la guerre c’est la communication !

Que penses-tu de ces 2 années d’exercice à la tête du SCCDK ?

C’est un bon début à mon sens, les bases ont été posées et j’ai la chance d’avoir un noyau de bénévoles membres du bureau très impliqué dans les missions de l’association.

Dès la première année, j’ai senti beaucoup d’enthousiasme dans ce nouveau projet, comme si beaucoup attendait ce nouveau souffle. Je reste néanmoins lucide et suis bien conscient que tout n’est pas encore parfait après 2 ans, mais c’est plutôt prometteur pour la suite et avec le temps les nouvelles idées fleurissent…

Est-ce que tu t’attendais à une telle réussite après ces deux premières années ?

Pas forcément aussi rapidement. Je me souviens du premier objectif quand nous avons lancé le projet, c’était d’arriver à une quarantaine d’adhérents à l’issue de la première année. Nous avons finalement clôturé 2016 avec plus de 60 membres, et encore un peu plus en 2017. C’est un premier indicateur qui montre déjà que les pêcheurs qui nous on suivis y croyaient.

Avec le temps, un noyau dur s’est formé, et c’était pas forcément gagné d’avance avec des personnes d’horizons et de clubs différents ! Finalement la « mayonnaise » a commencé à prendre et une bonne bande de copains s’est formée comme au bon vieux temps. Et c’est ce que je trouve le plus beau. A chaque rendez-vous, c’est un peu comme si tu retrouvais ta deuxième famille !

Sur l’aspect compétition, les résultats n’ont pas été au RDV la première année, sans doute le temps que tout le monde prenne ses marques, et je m’y attendais. Mais pour cette seconde année, je peux dire que nous avons été gâtés avec ce titre de champion de France des clubs 2017, additionné aux divers titres individuels en catégories espoirs, vétérans, membres équipes de France de lancer et bord de mer… Il va falloir maintenir la barre maintenant et continuer de porter les couleurs de notre ville au plus haut !

Quels sont tes projets pour l’évolution et le fonctionnement du club ?

J’ai plein d’idées, et le plus difficile reste de trouver le temps pour tout cela. Poursuivre la dynamique que nous avons lancé dans un premier temps, en restant à l’écoute et en tentant d’innover autant que possible. Et dans un second temps, développer davantage la partie loisirs. Nous pouvons faire beaucoup mieux sur ce point et ce sera la priorité pour l’année prochaine. Il y a une réelle attente là-dessus et j’aimerais à terme qu’une personne prenne « le lead » sur le développement loisirs au SCCDK.

J’aimerais aussi que le club devienne LA référence de la pêche en bord de mer à Dunkerque, tout en restant une association à dimension humaine, avec un bon état d’esprit.

Vas-tu te représenter aux prochaines élections en janvier 2018 ? Si oui, vas-tu ou as-tu accepté l’organisation des championnats du monde des clubs en 2019 ?

Oui. Comme je l’ai dit, j’ai entamé un travail sur ces deux premières années et je souhaiterai le poursuivre. Ce sont évidemment les adhérents qui en décideront lors du prochain vote lors de l’Assemblée Générale du SCCDK le 20 janvier 2018.

Je reste fidèle à une règle d’or : c’est la majorité qui l’emporte et je n’irai donc jamais à contresens des décisions qui pourraient être décidées collectivement lors des réunions.

Concernant l’organisation des présélections 2018, ou des championnats du monde des clubs en 2019, il est vrai que la Fédération m’a sollicité pour l’organisation de ces championnats. Mais ce n’est pas à moi de décider, même si je trouve effectivement que c’est une opportunité pour l’association et la ville de Dunkerque de rayonner davantage et de définitivement montrer son engagement dans la discipline.

Néanmoins, ce n’est pas seul que je réussirai à organiser ces événements. Nous passerons donc au vote ces décisions, et c’est seulement si les cadres de l’association sont d’accord que nous prendrons l’organisation de ces championnats. Rendez-vous donc le 2 décembre pour en débattre !

Retrouver toutes les interviews des adhérents du SCCDK.

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